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Corbeil-Essonnes : reprendre un tapis ancien sans effacer son histoire, une restauration mesurée

Corbeil-Essonnes a bâti une grande part de ses logements actuels entre l’après-guerre et 1990. Dans ces appartements, un tapis de couloir ou de séjour s’use d’une manière reconnaissable : bords qui frottent contre les murs, franges qui se défont, allées de passage qui s’amincissent. On verra ici ce qu’une restauration sait reprendre, comment la préparer, et ce que l’histoire de la Commanderie Saint-Jean, église devenue usine puis lieu d’exposition, dit d’un travail bien mené.

Couloirs étroits et pièces de passage : l’usure des tapis d’immeuble

Selon l’Insee, 45 % des logements occupés à l’année sortent des chantiers des années 1946 à 1990, l’époque du grand ensemble des Tarterêts, élevé après 1945 ; 6,5 % seulement datent d’avant 1919. Un tapis d’appartement se dégrade peu à peu, par répétition, toujours aux mêmes endroits, et chaque dégât a sa cause, qu’il faut identifier.

Dans un couloir étroit, ce sont les lisières, ces bords latéraux enroulés de laine, qui frottent contre les plinthes ; une fois leur laine partie, le bord ondule puis s’effiloche. Sur le trajet de la porte au canapé, le velours s’amincit jusqu’à laisser voir la chaîne, les fils de fond qui courent d’un bout à l’autre. Aux extrémités, les franges, qui prolongent cette même chaîne, se prennent dans l’aspirateur et cassent par mèches, puis les ultimes rangées de nœuds lâchent. S’ajoutent les accidents de la vie quotidienne : une cendre de cigarette, une plante qui a fui, le pied d’une chaise traînée qui ouvre une déchirure, un animal qui gratte toujours le même coin. Repérer la cause compte autant que réparer : une lisière reprise frottera de nouveau si le tapis reste trop large pour son couloir.

Photographier les dégâts avant l’enlèvement

Pour chiffrer la restauration, cadrez chaque dommage de près, une pièce de monnaie ou un mètre de couturière à côté pour donner l’échelle, et photographiez-le aussi par-dessous : un trou n’a pas la même gravité selon que les fils de fond sont rompus ou simplement découverts. Ajoutez une vue d’ensemble, les deux extrémités et les deux côtés sur toute leur longueur. Signalez les réparations anciennes, même grossières : une pièce cousue ou une reprise collée change la manière de travailler.

Le tapis quitte ensuite votre domicile pour Faronville, à quelque treize kilomètres au sud-est, et vous revient une fois réparé, comme le devis l’a prévu. Dans les vieux immeubles du Vieux-Corbeil, l’escalier est parfois le seul accès : indiquez l’étage. Dans une tour, notez le bâtiment et les dimensions de la cabine. Un tapis abîmé ne doit pas être plié pour l’occasion : roulez-le sans serrer, et ne nouez pas de ficelle sur une zone fragile.

Position de Corbeil-Essonnes par rapport à l’atelier de Boissise-le-RoiSeine-Saint-DenisVal-de-MarneVal-d’OiseParisSeine-et-MarneYvelinesEssonneHauts-de-SeineL’atelier, Boissise-le-Roi
Atelier de Boissise-le-RoiCorbeil-Essonnes, à 13 km de l’atelier, à vol d’oiseau

Ce que la Commanderie Saint-Jean apprend sur la restauration

Au 24 rue Widmer, l’ancienne église Saint-Jean-en-l’Isle rappelle qu’un édifice peut traverser des usages contraires. Les hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem s’installent sur l’île en 1184 ; en 1223, la reine Ingeburge, veuve de Philippe Auguste, y fait bâtir l’église et plusieurs bâtiments du prieuré. En 1793, l’ensemble est rattaché à la poudrerie d’Essonnes : l’église devient une usine à charbon de bois, et les autres bâtiments sont détruits. Classée monument historique en 2007, elle accueille aujourd’hui des expositions sous ses voûtes d’ogives.

Du prieuré, seule l’église a tenu : c’est elle que l’on visite. La leçon s’applique à un tapis hérité. On commence par la charpente, chaîne et trame, partout où elle lâche ; on renoue ensuite les manques avec des laines de même teinte ; on conserve l’usure d’ensemble et la patine, témoins de sa vie. Coudre sur un trou un morceau découpé dans un autre tapis fait l’inverse : cela bouche le manque, mais ajoute un corps étranger qui travaille autrement que le reste.

Renouage du velours, nœud par nœud (illustration)
Renouage du velours, nœud par nœud (illustration)

Restauration à Corbeil-Essonnes : vos questions

Les lisières du tapis de notre couloir sont élimées sur toute la longueur : faut-il tout refaire ?

Pas nécessairement. Si le cordon d’origine tient encore et que seule la laine qui l’enveloppe a disparu, un nouvel enroulement de laine, dans une teinte voisine, suffit à le protéger. S’il est cassé par endroits, on le reconstitue sur ces tronçons seulement. L’essentiel est d’intervenir avant que les rangs de nœuds voisins ne se défassent, car la reprise devient alors plus longue.

Un tapis hérité porte plusieurs petites brûlures de cigarette : se réparent-elles ?

Dans la plupart des cas. Le feu durcit ou noircit la laine sur quelques millimètres ; l’atelier ôte les nœuds abîmés, répare les fils de fond s’ils ont été touchés, renoue, puis tond à la hauteur du velours voisin. Une petite marque devient discrète une fois reprise. Photographiez chaque brûlure de près, avec une pièce à côté, et dites si le revers a noirci.

Pour entrer dans le couloir, notre tapis a été raccourci : peut-on rattraper le bout coupé ?

On peut l’empêcher de se défaire, pas retrouver ce qui a été retiré. Une coupe laisse les rangs de nœuds sans arrêt ; il faut les bloquer par une couture solide, puis créer une finition, franges reconstituées sur la chaîne restante ou bord surjeté. Le tapis retrouve ainsi une tenue durable. Sachez toutefois qu’un tapis raccourci perd une part de sa valeur : à l’avenir, choisissez plutôt un tapis à la mesure du lieu.

Votre tapis, à Corbeil-Essonnes

Photos du dessus, du dos et des défauts, dimensions approximatives : nous vous recontactons avec un premier avis.

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