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Tapis usés par quarante ans d’appartement : la réparation au bon nœud à Évry-Courcouronnes

Près de six logements habités sur dix, à Évry-Courcouronnes, datent de la période 1971-1990, selon l’Insee (2023). Un tapis arrivé avec ses propriétaires lors de l’emménagement a pu y connaître quarante ans de passages, d’aspirateur et de déménagements : franges raccourcies, lisières ouvertes, velours élimé jusqu’à la trame. La restauration reprend ces dégâts à la source. Les lignes qui suivent aident à les repérer et à les photographier, puis rappellent, avec l’histoire de Petit-Bourg, pourquoi une reprise se fait au nœud d’origine.

Couloirs, entrées, plinthes : l’usure propre aux appartements

Dans un couloir ou une entrée étroite, tout le monde marche au même endroit : le velours s’y tasse, puis disparaît, et la trame apparaît, ces fils que le tisserand passe entre deux rangées de nœuds. Les lisières, ce bourrelet de laine enroulée qui borde les côtés, frottent contre les plinthes et les montants de porte ; une fois leur gaine usée, le bord se défait par petites boucles. Les franges, aspirées semaine après semaine, raccourcissent jusqu’à ce que la dernière rangée de nœuds commence à lâcher. Les pieds d’une table basse jamais déplacée, enfin, marquent le velours en creux.

Chaque dégât appelle un geste différent. Une lisière se regarnit de laine au point de surjet, en reconstituant le cordon s’il a disparu. Des franges se fixent, ou renaissent grâce à des fils de chaîne rallongés. Une zone usée se renoue nœud par nœud, une fois la charpente refaite là où elle a cédé. Sur une pièce plus ordinaire, consolider suffit parfois à stopper l’usure. Quand les deux voies existent, nous les présentons, avec ce qu’elles changent pour l’aspect et la durée de vie du tapis.

Gros plans et lumière rasante : documenter l’usure avant l’enlèvement

Les gros plans comptent plus que la vue d’ensemble. Sur le dessus, des fils blancs qui apparaissent dans une zone usée montrent que le velours a disparu jusqu’à la chaîne : photographiez-les près d’un mètre déplié, pour l’échelle. Prenez les deux bouts du tapis sur toute leur largeur, puis chaque lisière sur sa longueur. Ajoutez une vue très rapprochée de l’envers, sous une lumière rasante, sur une zone intacte : elle permet souvent de reconnaître le type de nœud. Montrez enfin les reprises anciennes : laine d’une autre teinte, fil de couture, pièce de tissu collée au dos.

Faronville, où travaille l’atelier, se situe à dix-sept kilomètres à vol d’oiseau, en Seine-et-Marne, le département voisin. On vient prendre le tapis directement à votre domicile ; il n’est restauré qu’une fois le devis accepté, puis il vous revient, prêt à reprendre sa place.

Position de Évry-Courcouronnes par rapport à l’atelier de Boissise-le-RoiSeine-Saint-DenisVal-de-MarneVal-d’OiseParisSeine-et-MarneYvelinesEssonneHauts-de-SeineL’atelier, Boissise-le-Roi
Atelier de Boissise-le-RoiÉvry-Courcouronnes, à 17 km de l’atelier, à vol d’oiseau

Petit-Bourg, la cour et la Savonnerie : l’exigence d’une reprise au bon nœud

Au bord de la Seine, le château de Petit-Bourg a appartenu à Madame de Montespan, qui y reçut Louis XIV à la fin du XVIIe siècle. Son fils, le duc d’Antin, en hérita en 1707 et fut directeur général des Bâtiments du roi de 1708 à 1736. À la même époque, les tapis veloutés de la cour sortaient de la manufacture de la Savonnerie, fondée sous Louis XIII. On y nouait le velours au nœud symétrique, dit de Ghordès, celui des tapis turcs, alors que beaucoup de persans emploient le nœud asymétrique. La Savonnerie travaille toujours, dans les ateliers des Gobelins, à Paris.

Cette histoire rappelle un principe simple : une restauration reprend le tapis avec sa propre technique. Même nœud que l’original, densité accordée à celle du tapis, laines teintes pour s’accorder au motif. Un renouage fait avec un autre nœud ou une laine trop épaisse se remarque, se tient mal et vieillit autrement que le reste. C’est pourquoi l’examen du dos précède toujours la réparation.

Écheveaux de laine teinte pour assortir une restauration (illustration)
Écheveaux de laine teinte pour assortir une restauration (illustration)

Restauration à Évry-Courcouronnes : vos questions

D’un côté, il ne reste presque rien des franges : que peut-on faire ?

Plus qu’on ne le croit. Si la rangée de nœuds la plus proche du bord tient encore, une finition qui la bloque suffit à arrêter la perte. Si quelques rangs se sont défaits, on les refait avant de fixer le bord. Pour retrouver l’aspect d’origine, on peut aussi prolonger les fils de chaîne et recréer des franges. Le choix dépend de ce qui reste et de l’usage du tapis ; une photo des deux extrémités suffit pour en parler.

Nœud symétrique ou asymétrique : peut-on le reconnaître soi-même ?

À l’œil nu, c’est délicat, mais possible avec un peu de patience. Ouvrez le velours du bout des doigts le long d’une rangée. Avec le nœud symétrique, les deux brins d’un même nœud sortent ensemble entre les deux fils de chaîne qu’il enserre ; avec le nœud asymétrique, l’un sort entre ces deux fils, l’autre à côté. Une photo très nette, prise de près sous une lumière rasante, nous permet en général de trancher.

Depuis un dégât des eaux venu de l’étage du dessus, notre tapis ondule : que faire ?

En général, il retrouve sa forme. L’eau a fait jouer inégalement les fils de fondation, ou le tapis a séché plié. Le remède habituel passe par l’atelier : lavage, puis séchage du tapis tendu, bien à plat. Si l’humidité a duré, l’examen vérifiera aussi que la chaîne n’a pas pourri, car une eau stagnante peut l’affaiblir. Photographiez le tapis posé au sol, de côté, pour montrer les vagues.

Votre tapis, à Évry-Courcouronnes

Photos du dessus, du dos et des défauts, dimensions approximatives : nous vous recontactons avec un premier avis.

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