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Restauration des tapis de famille au Vésinet, dans l’esprit d’une ville protégée

Avant 1946 : c’est de cette époque que date plus du tiers des logements occupés à l’année au Vésinet, d’après l’Insee, et la commune est devenue site patrimonial remarquable en 2018, prolongeant les protections de 1934, 1970 et 1983. Dans ces villas, les travaux extérieurs sont encadrés pour préserver ce qui existe ; la même prudence vaut pour un tapis d’Orient qui a vécu des décennies dans le même salon. Voici ce qui l’abîme dans ces maisons, la manière dont nous abordons sa réparation et ce qu’il faut nous en montrer.

Ce que les règles d’une ville protégée enseignent pour un tapis

Le lac des Ibis, les pelouses et les coulées publiques ont été classés en 1934 ; en 1970, tout le secteur des maisons individuelles a été inscrit à l’inventaire des sites ; en 1983, le reste des lacs et des rivières a été classé à son tour. La commune compte une centaine de maisons remarquables inventoriées et cinq édifices protégés comme monuments historiques. Parmi eux, la villa La Hublotière, œuvre d’Hector Guimard, route de Montesson, a vu inscrire en 1979 ses façades, ses toitures, ses ferronneries, son escalier intérieur et deux plafonds décorés.

L’atelier n’intervient pas sur ces bâtiments, mais l’esprit de ces protections convient à un tapis ancien : conserver d’abord ce qui est d’origine, remplacer seulement ce qui ne tient plus, employer des matériaux accordés à l’existant. Appliqué à un tapis, cela signifie consolider une chaîne fatiguée avant de renouer, choisir des laines accordées, par la teinte comme par la grosseur, au velours voisin, et garder une usure régulière plutôt que de vouloir effacer toute trace du temps.

Villas d’avant-guerre, pièces de réception, vérandas : où le tapis souffre

L’Insee date 17,0 % des résidences principales d’avant 1919, et 18,6 % des années 1919 à 1945. Dans une demeure ancienne, un grand salon ou une salle à manger que l’on ferme l’hiver devient un refuge : à l’abri de la lumière, sous un piano ou derrière un divan, les larves de mites tondent le velours par plaques, en suivant volontiers une couleur. Les parquets anciens, aux lames parfois disjointes, accrochent le revers d’un tapis qu’on déplace sans le soulever, et finissent par en user la trame.

Dans une maison à étage, escaliers et paliers usent les lisières, ces cordons qui ferment les côtés du tapis, et les franges, qui terminent la chaîne aux deux bouts. Dans une véranda, le soleil éclaircit les teintes et dessèche la laine ; près d’une cheminée, une braise suffit à brûler quelques nœuds. Au grenier, enfin, une gouttière qui fuit suffit à tremper un tapis roulé : la base se tache et la laine se feutre. À chaque dégât sa réparation, du simple surjet à la reprise complète de la base ; le devis dit laquelle s’impose, et ce qu’il est raisonnable de laisser en l’état.

Position de Le Vésinet par rapport à l’atelier de Boissise-le-RoiSeine-Saint-DenisVal-de-MarneVal-d’OiseParisSeine-et-MarneYvelinesEssonneHauts-de-SeineL’atelier, Boissise-le-Roi
Atelier de Boissise-le-RoiLe Vésinet, à 54 km de l’atelier, à vol d’oiseau

Du constat à l’atelier : ce qu’il faut photographier dans une villa

Pour chaque défaut, il nous faut une vue qui le situe dans le décor et une vue rapprochée, un mètre ruban couché le long du dégât ; ajoutez son envers à cet endroit, les deux extrémités et chaque côté sur sa longueur. Si des zones sont tondues, regardez leur pourtour : de petits fourreaux blanchâtres signalent des mites encore présentes. Signalez toute reprise antérieure dont vous avez connaissance, même ancienne. Le devis énumère ensuite les interventions, franges, lisières, renouage ou consolidation, et indique s’il faut d’abord laver le tapis. Dès votre accord, le tapis est enlevé chez vous, puis restauré à Boissise-le-Roi, distant d’un peu plus d’une cinquantaine de kilomètres à vol d’oiseau, avant de vous être rapporté. Pour une villa, signalez la longueur de l’allée, la largeur du portail, l’escalier à descendre et l’endroit où une camionnette peut stationner.

Reprise des franges d’un tapis (illustration)
Reprise des franges d’un tapis (illustration)

Restauration au Vésinet : vos questions

Hérité de grands-parents vésigondins, le tapis du salon est usé par endroits : faut-il reprendre ces zones ou garder l’usure ?

Cela dépend de la nature de l’usure. Un velours régulièrement aminci, sans trou ni trame apparente, appartient au vécu du tapis et se garde. Là où la base apparaît, où les nœuds manquent, où un bord s’ouvre, mieux vaut intervenir, car le dégât s’étend. Nous vous proposons souvent une voie moyenne : consolider ce qui menace, renouer les manques visibles, laisser la patine ailleurs.

Notre villa est inscrite au titre des sites : faut-il une autorisation pour faire restaurer un tapis ?

Non. Les protections du site portent sur le paysage, les constructions et leurs abords, pas sur les objets mobiliers que vous possédez, sauf cas exceptionnel d’un objet lui-même protégé. Un tapis se restaure donc sans démarche administrative. En revanche, si son enlèvement suppose d’ouvrir un portail ancien ou de passer par un jardin fragile, signalez-le : nous organiserons le passage pour ne rien abîmer.

Les mites ont tondu une bande du tapis sous le piano du salon : peut-on la reconstituer ?

Dans bien des cas, à condition que la base ait résisté. Un lavage complet élimine d’abord pontes et larves. On renoue ensuite la bande avec des laines assorties, rang après rang, jusqu’à retrouver le niveau du velours voisin ; si la zone est très large et le tapis modeste, une consolidation peut suffire. Photographiez la bande de face puis par-dessous, mètre ruban à côté.

Votre tapis, au Vésinet

Photos du dessus, du dos et des défauts, dimensions approximatives : nous vous recontactons avec un premier avis.

Vous préférez parler de vive voix ? Appelez l’atelier au 06 24 32 22 19

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